RPS : Étude de cas d’une entreprise
Après avoir étudié en long et en large les RPS, voici des exemples concrets d'entreprises qui les ont connus.

Précédemment, nous avons analysé les causes puis les incidents potentiels des RPS sur la santé et sur l’entreprise, et donc compris la nécessité d’y faire face. Les RPS sont une thématique dont on parle de plus en plus, et les entreprises y font davantage attention. Ces dernières années, beaucoup ont pris des mesures importantes pour les contrer : Danone, Orange, la SNCF, et Airbus, dont nous allons parler spécifiquement dans cet article.
Cas d’Airbus
Airbus est un des leaders du secteur de l’aéronautique et ses chiffres donnent le tournis : 130 000 employés, plus de 1000 nouvelles commandes par année, 50% de part du marché des livraisons mondiales d’avions commerciaux, 58,8 milliards d’euros en 2022 et 83 millions de passagers sur leurs vols la même année, …
En bref, tout semble bien aller pour Airbus d’un point de vue externe.
Ils ont pourtant connu de nombreux cas de RPS et ont adopté des mesures pour les contrer; nous allons voir pourquoi.
Airbus, un bon exemple de causes de RPS
Comment se fait-il qu’une entreprise pour laquelle tout semble fonctionner, mondialement connue et reconnue, à la croissance exponentielle et où tous les chiffres sont en hausse constante fasse face aux RPS ?
Et bien, en réalité, il n’y a pas une, mais plusieurs raisons qui peuvent expliquer la présence de RPS chez Airbus. C’est la combinaison de plusieurs facteurs qui a engendré une forme de mal-être chez leurs salariés :
- Une grande restructuration. Ces dernières années, Air France a adopté une politique de réagencements qui a perturbé son équilibre. Un exemple concret et notoire est “Air France-KLM”, une fusion d’Air France et de KLM (compagnie aérienne néerlandaise) en 2004. Air France a poursuivi sur cette lancée, et en 2007 ils ont tenté d’acquérir Alitalia, une ancienne compagnie aérienne italienne et a acheté 25% des parts de la compagnie Aerea Italiana en 2009. Plus récemment, en 2022, Air France a signé un accord avec CMA CGM.
→ Tous ces changements organisationnels fréquents (nous n’avons cité que les principaux) ont eu pour conséquence de créer un sentiment d’incertitude pour les salariés d’Airbus, de perte de repères.
- Une pression vis-à-vis des performances. Pour être le plus rentable possible, se défaire de la concurrence, et atteindre ses objectifs, Airbus a réduit certains coûts et durci les conditions de travail.
→ Résultat : Une partie importante du personnel a dû s’adapter à des rythmes de travail élevés, à des horaires décalés et fatigants, et à un manque de considération de la part de leur hiérarchie.
- Des conditions de travail difficiles. Certains métiers d’Airbus, comme c’est le cas dans d’autres secteurs, sont très épuisants psychologiquement parlant. De manière générale, les pilotes et le personnel naviguant sont par exemple exposés en quasi-permanence à de grands décalages horaires, à des responsabilités importantes et parfois pesantes, parfois même à des situations imprévues.
→ Cela favorise l’apparition du stress qui impacte leur santé mentale et risque également d’altérer leur quotidien.
- Un manque de communication. Airbus, mais comme pratiquement toutes les entreprises, n’a pas assez communiqué avec ses salariés sur les changements et les attentes. De la même manière, les collaborateurs n’ont pas été soutenus psychologiquement, ce qui est nécessaire, encore plus dans les métiers où le stress est récurrent.
→ Un manque de communication crée une confusion, un sentiment d’incompréhension, voire une souffrance au travail.
En plus des causes internes à l’entreprise, Airbus a bénéficié d’un contexte défavorable qu’il ne pouvait absolument pas prévoir mais qui leur a fait des dégâts :
- Un climat de tensions sociales. Des mouvement sociaux d’envergure nationale ont touché Airbus. Ainsi, la France a connu en 2014 une importante grève des pilotes et une révolte syndicale d’ampleur concernant les salaires.
→ Tous ces mouvements sociaux accroissent le sentiment de frustration et de pression chez les salariés d’Airbus.
- Un contexte économique difficile et une crise du secteur aérien. Le monde aérien a été ébranlé à plusieurs reprises depuis le début des années 2000. En effet, la crise économique de 2008 et de nombreux événements géopolitiques tels que les attentats de 2015, les différents conflits, ou le Covid-19, ont ralenti l’avancée d’Airbus.
→ Ces différents éléments ont conduit à des réductions d’effectifs, des suppressions de lignes, des gels de salaire, et, donc, des pressions pour les employés. Cela a augmenté le stress des salariés qui ont vu leur charge de travail augmenter.
En bref : Air France a traversé des périodes de restructurations difficiles, connaissant des réductions d’effectifs, des baisses de salaires et une forte pression pour augmenter la productivité, créant un sentiment d’injustice et de démotivation parmi les employés. Ces tensions ont été amplifiées par des crises économiques externes, une concurrence intense et des conditions de travail difficiles pour certains métiers.
Les mesures employées par Airbus pour lutter contre les RPS
Malgré ces nombreuses difficultés rencontrées, Airbus a pris les choses en mains et a récemment choisi d’opter pour des mesures “anti-RPS”.
Cette prise de conscience du mal-être de leurs employés, qui est tout à leur honneur, s’est concrétisée de la façon suivante :
- Un soutien psychologique. Avec des cellules d’écoute et des lignes d’assistance psychologique mises à disposition des employés, mais aussi des managers.
- Des mesures de prévention telles que des formations et des dispositifs de sensibilisation.
- Une meilleure communication interne afin que chaque salarié comprenne les décisions prises par la hiérarchie.
- Un renforcement de la reconnaissance. Pour ce faire, Airbus a valorisé l’engagement des employés via des récompenses et une hausse de la rémunération.
- La mise en place d’un suivi notamment pour les métiers les plus exposés au stress et à la fatigue, auxquels Airbus veille à présent à ce qu’ils bénéficient de temps de repos réguliers.
- Des programmes de gestion du stress à tous les niveaux hiérarchiques, pour que tous soient logés à la même enseigne.
- Une “culture de la sécurité psychologique”. Celle-ci permet de signaler les problèmes sans crainte de représailles ni de perte d’emploi; Airbus favorise donc la transparence et la confiance.
En bref : les RPS sont susceptibles d’impacter toutes les entreprises, peu importe leur taille ou leur secteur d’activité. Airbus est un cas très intéressant puisqu’il montre qu’une entreprise qui n’a pas de difficulté financière peut également voir ses employés connaître un certain mal-être. Il est important de pouvoir évaluer les RPS et de les analyser pour prévenir les potentiels risques futurs. Octomine vous apporte une solution concrète et efficace pour sécuriser votre entreprise et limiter au maximum les risques.
Ce n'est qu’en prenant conscience des impacts de la surcharge de travail, de l'isolement et de l'absence de reconnaissance qu’Airbus a entrepris des démarches pour améliorer la qualité de vie au travail de ses employés.
→ L’identité d’une entreprise est un aspect fondamental à toujours considérer et la température doit être prise auprès de ses salariés avec, entre autres, des sondages collaborateurs.
Exemple de Boeing
Chez Boeing, un concurrent direct d’Airbus, des RPS ont aussi eu lieu, mais pour des raisons différentes.
Pour y faire face, Boeing a agi de la façon suivante :
- Une réduction de l’empreinte carbone en investissant dans des avions à faibles émissions.
- Une gestion responsable avec des politiques anti-corruptions et des formations.
- Une responsabilité sociale en soutenant des programmes éducatifs et locaux.
- Une meilleure sécurité des produits et des employés.
- Des partenariats stratégiques en mettant en place des collaborations avec des ONG et des gouvernements.
→ Comme nous l’avons vu à travers deux études de cas, les RPS sont un véritable fléau et personne n’est à l’abris. Nous avons pris l’exemple de compagnies aériennes parce qu’ils sont parlants, mais cela aurait très bien pu être un autre secteur.
→ Plusieurs étapes sont à réaliser, d’abord avant les RPS avec la prévention, puis une mise en action une fois qu’ils ont été repérés. Octomine se situe au niveau de la prévention, en vous permettant d’interroger rapidement et facilement vos collaborateurs pour recueillir leurs ressentis. N’hésitez plus, laissez libre parole à vos employés !