Comment manager des salariés en télétravail ? Episode 2
Jan 09

Comment manager des salariés en télétravail ? Episode 2

Télétravail : quelques mises en garde…

Tous les postes et tous les salariés ne sont pas « télétravaillables ». 15,4% des actifs seraient même totalement inéligibles au télétravail (1). En effet, selon le secteur ou la nature d’activité, certains postes ne peuvent s’exercer en dehors du lieu de travail, et la présence physique constitue l’essence même du travail. Mais au-delà des postes éligibles ou non au télétravail, il convient à la fois pour l’employeur et pour le salarié de réaliser que ce mode de travail n’est pas donné à tous les collaborateurs.

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Crédit photo : giphy

La tendance du travail nomade ne doit pas s’appliquer à tout prix, mais plutôt faire l’objet d’un cas par cas minutieusement étudié entre les différentes parties concernées. Le salarié possède-t-il les qualités et ressources nécessaires pour exercer son travail en dehors de l’entreprise ? Qui dit nouvelle forme de travail dit nouvelles compétences. Flexibilité, organisation, adaptabilité, maîtrise d’outils collaboratifs de communication et de gestion de projet, indépendance voire autonomie, mais aussi liberté voire risque d’isolement…

Et oui, tous les salariés ne courent pas forcément après ce nomadisme parfois synonyme de solitude, l’épidémie du siècle. N’est-il pas d’ailleurs paradoxal que le droit au télétravail apparaisse simultanément dans un contexte de préoccupation de lien social ? Offrir la liberté et la flexibilité tant convoitées par les nouvelles générations, tout en prévenant les risques psycho-sociaux induits par l’isolement ? Un casse-tête chinois pour Managers et RH.

Existe-il un profil type de ce néo-nomade ?

On aime imaginer que le télétravailleur est ce jeune bohème trentenaire épris de liberté, qui, se réveillant un matin (après un afterwork un peu trop arrosé la veille). Ce salarié se dit que la ligne 13 ce matin, « franchement, la flemme », et qu’il est tout de même préférable de rester travailler chez soi, emmitouflé dans un plaid, (sans manquer d’en avertir ses followers Instagram, par une story « Home Office » !).

Bien que cela puisse arriver, le télétravailleur ne se cantonne pas à ce terrible cliché, mais il est en réalité multiple. En voici plusieurs exemples :

  1. La jeune maman débordée qui tente de concilier vie pro et vie perso,
  2. Le cadre qui échappe de temps en temps à la sur-sollicitation induite par sa présente dans les locaux,
  3. Le salarié habitant en banlieue qui met 1H30 pour venir au bureau tous les jours, à raison de 4 changements de RER/métro/bus.

Les télétravailleurs ont finalement tous de bonnes raisons d’opter de temps en temps pour un changement de décor. Alors bien que les statistiques révèlent un réel engouement de la part des Millenials pour le télétravail, il séduit de plus en plus de travailleurs en zones péri-urbaines, pour qui les avantages ne sont plus à prouver.

Les néo-nomades à la conquête de nouveaux espaces

L’émergence de cette nouvelle organisation du travail efface les contraintes spatio-temporelles du travailleur et fait apparaître de nouveaux espaces, appelés tiers-lieu. Espaces de co-working, centre d’affaires, corpo-working forment une nouvelle panoplie de bureaux à louer et à partager. Travailler seul mais ensemble : et si finalement il s’agissait d’une réponse au risque d’isolement ?

On réalise que tout peut être considéré comme espace de travail, du moment qu’on ait accès à cette Sainte connexion internet. C’est ainsi qu’on dispose aujourd’hui en France de près de 3000 tiers-lieu. Répartis dans les grandes métropoles, ils sont de plus en plus, dans les zones péri-urbaines, qui voient une opportunité pour se dynamiser, et redorer leur image. L’Etat s’engage d’ailleurs à aider l’émergence de nouveaux tiers-lieux dans les régions considérées comme délaissées.

Au-delà de la sphère de l’entreprise, le télétravail séduit donc sur d’autres plans. Les pouvoirs publics y voient une vraie opportunité pour réduire considérablement l’empreinte carbone, fluidifier le trafic, mais aussi donner un nouvel élan aux territoires ruraux et périurbains qui veulent regagner en attractivité et dynamisme.

Et si on allait « réfléchir au vert » ?